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L'Asie à ParisLes communautés asiatiques vivant à Paris influencent
depuis longtemps les réalisateurs de fiction et de documentaire, offrant
une occasion de voyager à travers la capitale.
RepèresL'Asie orientale est constituée du Japon, de la Chine
continentale, du Viet-Nam, de Taïwan, Hong Kong et des deux Corée :
soit un ensemble vaste comme l'Europe mais deux fois plus
peuplé.
Dans la plupart des grandes métropoles où existe un
phénomène migratoire important, on constate l'apparition de
quartiers ethniques. Historiquement, l'immigration asiatique en France, en
majorité chinoise et vietnamienne, commence au début du
siècle, avec comme point culminant la première vague massive de
la guerre de 1914-18. En 1916, environ 100 000 travailleurs chinois,
originaires de la région du Zhéjiang, et 50 000 Vietnamiens,
originaires pour la plupart du Tonkin, recrutés pour les divers besoins
de la guerre, arrivent en France. A la fin de la guerre, la grande
majorité retourne dans leur pays d'origine, alors que 2 000 à 3
000 d'entre eux décident de s'installer en France. On note dès
les années 1920 un début d'implantation chinoise dans le quartier
de la gare de Lyon sous forme de petites unités de restauration visant
surtout une clientèle immigrée et
estudiantine.
Les différentes communautésLa communauté chinoiseLe chiffre officiel des immigrés chinois
est estimé à 450 000. Les demandeurs d'asiles résident
à 90% à Paris. Outre les réfugiés venus du Sud-Est
asiatique dans les années 1970, la plupart des Chinois de France
viennent des zones rurales du Zhejiang, près de Shanghaï, au
Sud-Est du pays. Ce sont les "Wenzhou", du nom d'une des
villes de cette région. À ce flux traditionnel s'est
ajoutée récemment une immigration issue des zones industrielles
du Nord. Ces migrants sont surnommés les "Dong
Bei", gens du Nord.
Déjà, en 1933, les actualités
cinématographiques consacraient un reportage aux Chinois de
Paris...
Parmi les images filmées par les opérateurs Gaumont en
1933, un reportage sur les quartiers chinois à
Paris.
Un jeune homme chinois ne sachant aucun mot de français se perd
dans Paris. Errant d'un quartier à l'autre, il observe les moeurs
insolites des Parisiens.
De petits restaurants en ateliers de confection parfois clandestins, des
immigrés kurdes et chinois installés à Paris
témoignent ici des difficultés de leur survie et des
réseaux qui les unissent à leurs communautés
d'origine.
La communauté vietnamienneL'immigration vietnamienne a été
échelonnée dans le temps, marquée par des dates
importantes (1945, 1954, 1975). Son contexte politique étant à
chaque fois différent, chaque composante de l'immigration vietnamienne a
formé de nouvelles strates communautaires. Ainsi, les migrants
vietnamiens des années 1930 et ceux des années 1990 ne sont pas
des populations semblables. D'Alain Cavalier à Tran Anh Hung, plusieurs
réalisateurs ont filmé leur quotidien.
Les quatre derniers mois de l'année 1963 vus par les
actualités cinématographiques Gaumont. Parmi les images
filmées : une manifestation d'étudiants
vietnamiens.
Un reportage sur les réfugiés vietnamiens de
Paris.
De nombreux chanteurs français se sont rassemblés, au sein
du groupe Sampan, afin d'enregistrer une chanson pour les boat-people. Outre
les chanteurs, ce vidéo-clip montre des images d'Asie et celles d'un
enfant asiatique à
Paris.
Dans un camp de réfugiés vietnamiens,
une femme rencontre un homme. Quelques années plus tard, le couple, qui
a un enfant, vit dans un modeste appartement du quartier des Olympiades. Leur
sérénité est brisée lorsque l'homme fait une
terrible découverte... Un film réalisé par l'auteur de
L'odeur de la papaye verte
(1992).
Un reportage sur les adolescents issus de parents vietnamiens,
émigrés en France, et revendiquant une double
culture.
Filmée dans son kiosque, une marchande de journaux vietnamienne se
rapelle de son arrivée à Paris en 1954, de ses deux maris, et de
ce travail qu'elle a exercé toute sa
vie.
Des Vietnamiens de nationalité
française évoquent leur intégration et les efforts mis en
œuvre pour la transmission de l'héritage historique et culturel
rattaché à leur pays
d'origine.
La communauté japonaiseOfficiellement, la communauté japonaise en France comporte
environ 30 000 individus. Les trois-quarts vivent à Paris. En
dehors des étudiants et des chercheurs, les salariés japonais
travaillent essentiellement dans les banques, pour des marques d'automobiles ou
dans l'import-export de maquereaux, denrée prisée au pays du
Soleil Levant. Mais également dans la mode, comme en témoignent
certains des films suivants.
Parmi les sujets traités par les opérateurs Gaumont en 1973
: les Japonais à Paris.
Le couturier japonais Issey Miyake commente la présentation de sa
collection printemps-été, sous un chapiteau installé dans
la Cour carrée du Louvre.
A l'occasion de la présentation de sa collection de haute couture
printemps-été 1986, une interview de la couturière
japonaise Hanae Mori.
Cette émission de télévision tente de
démontrer que Paris est toujours le pôle d'attraction de la
création artistique mondiale. Avec le photographe japonais Keischi
Tahara.
Entre Paris et Tokyo, un portrait éclaté du couturier Yohji
Yamamoto, qui a réalisé notamment les costumes de
Dolls de Takeshi Kitano.
Des interviews d'artistes japonais ayant choisi de vivre à Paris
sont ponctuées d'images de lieux fréquentés par cette
communauté.
Clin d'œil aux touristesComment ne pas évoquer le cliché du touriste japonais
pressé, appareil photo à la main, qui visite les lieux
célèbres de Paris en un temps record...
Réalisé par un Japonais lors de sa visite à Paris,
ce film amateur en technicolor illustre un séjour touristique
présentant les monuments de la
capitale.
Un groupe de touristes japonais pose sur le parvis du Trocadéro
pour faire la traditionnelle photo devant la tour
Eiffel.
Lieux et quartiersAprès s'être regroupées dans le quartier de la gare
de Lyon, les principales communautés asiatiques de Paris se sont
installées dans le 13e arrondissement et à Belleville, au
carrefour des 10e, 11e, 19e et 20e arrondissements.
Paris 13eL'avenue de Choisy et l'avenue d'Ivry sont les axes principaux de ce
quartier où vit, depuis 1980, une forte communauté asiatique (que
l'on peut chiffrer à 12 000 habitants, soit 7% du total de la population
de l'arrondissement). Les populations sont très diverses. Les plus forts
contingents sont les Chinois d'origines cambodgienne (50%), vietnamienne (15%)
et laotienne (15%). Le poids de cette communauté, en matière
économique, est important, notamment dans la restauration et le
commerce. Le quartier est devenu aujourd'hui le plus grand centre
d'approvisionnement des Asiatiques en Europe, inspirant cinéastes et
documentaristes.
Faisant alterner vues du quartier et interviews, le film dresse le
portrait de la communauté chinoise de la porte
d'Ivry.
Anne, dactylo à domicile, vit solitaire dans une tour du quartier
chinois. Traqué par la police, un jeune loubard se réfugie chez
elle.
Pierre, d'origine cantonnaise, est restaurateur dans le 13e
arrondissement.
Parmi les sujets de cette émission : la population asiatique dans
le 13e arrondissement, avec les interviews du Père Elhorga, directeur du
Comité France-Asie, et d'un
restaurateur.
Un reportage de télévision sur le Chinatown
parisien.
La mort mystérieuse d'un de ses amis de jeunesse entraîne
Nestor Burma dans le 13e arrondissement, sur les traces d'un réseau de
maffieux thai dans le quartier chinois.
Le journaliste Claude Villers et la photographe Sabine Weiss se
promènent dans le quartier chinois de la porte d'Ivry, tout en devisant
et en abordant certains habitants.
Augustin, apprenti comédien, se passionne pour le kung-fu et
vénère Bruce Lee dont il connaît chaque film. Rêvant
d'exotisme, il s'installe dans le quartier chinois de
Paris.
Belleville chinoiseLes propos d'Olivier Piot illustrent bien
l'histoire du "second Chinatown de Paris" où se
regroupent des Chinois victimes de restructurations économiques :
"La venue des Asiatiques s'est faite au rythme
des grandes vagues de rénovation immobilière. Les commerces
asiatiques se sont progressivement installés en remontant la rue de
Belleville. Au détriment des boutiques et des artisans français
et maghrébins, elles ont petit à petit gagné les rues
avoisinantes. Les vagues successives de destructions et de reconstructions
d'immeubles ont largement contribué à l'implantation de la
communauté asiatique." (Olivier Piot,
Belleville chinoise, Le Monde,
8/4/1992)
Dans un Belleville en cours de rénovation, le réalisateur
part sur les traces de son enfance.
Les restaurantsLes restaurants
chinois et
vietnamiens sont
très appréciés des Parisiens... et des réalisateurs
!
Filmés dans leurs cuisines ou au milieu de leurs clients, des
restaurateurs étrangers, notamment d'origine chinoise ou indienne,
évoquent les circonstances de leur venue à Paris, l'implantation
de communautés compatriotes dans la capitale et l'importance culturelle
de ces traditions culinaires venues d'ailleurs.
La rencontre incongrue de trois dîneurs solitaires dans un
restaurant chinois de Belleville.
Apprenant la présence à Paris de son père, qu'elle
croyait mort, Zana, jeune femme née en Albanie mais élevée
en France, part à sa recherche dans un Paris mystérieux. Parmi
les principaux lieux filmés : le restaurant chinois Nioullaville, dans
le quartier de Belleville.
Gabriel et Jenny se séparent. Leur ami commun Adrien,
écrivain encore peu connu, est malade. Gabriel se cherche, et cherche un
modèle en Adrien... Une des scènes de ce film se déroule
dans le restaurant chinois Dong Huang, situé 14 rue Louis Bonnet,
également à Belleville.
Arts et traditionsCertains films évoquent la richesse et la diversité de
l'art asiatique présent à Paris, ainsi que l'intérêt
suscité par les traditions culturelles et rituelles des pays asiatiques
en France.
MuséesMusée national des Arts Asiatiques - GuimetInauguré en 1889 place d'Iéna (16e), le musée
Guimet est l'aboutissement du projet de l'industriel lyonnais Émile
Guimet (1836-1918), qui souhaitait alors créer un musée des
religions de l'Égypte, de l'antiquité classique et des pays
d'Asie. Aujourd'hui, après plusieurs années de fermeture pour
rénovation, le musée Guimet abrite l'une des plus grandes
collections du monde d'art asiatique.
Une présentation du musée Guimet et de ses collections
consacrées aux arts de l'Asie, en particulier à la sculpture.
Durant les derniers mois précédant la réouverture du
musée, Martin Fraudreau a tenté de saisir ce lieu et de se faire
le témoin de la révolution que ces nouveaux aménagements
entraînent pour ceux qui y
travaillent.
Le LouvreFondé en 1793, le
musée du Louvre constitue l'un des tout
premiers musées européens. Organisées en sept
départements, les collections rassemblent des œuvres admirables du
monde entier.
La collection des arts et civilisations d'Afrique,
d'Asie, d'Océanie et des Amériques est présente au Louvre
depuis 2000 et sera transférée au futur musée du quai
Branly. Les œuvres "proviennent de collections publiques - celles
du laboratoire d'ethnologie du musée de l'Homme, du musée
national des Arts d'Afrique et d'Océanie et de certains musées
territoriaux ou étrangers. Quelques acquisitions ont permis d'enrichir
cette sélection, sans toutefois qu'il soit possible de prétendre
à l'exhaustivité." (http://www.louvre.fr)
Portrait de l'architecte américain d'origine chinoise Ieoh Ming
Pei, concepteur et réalisateur du projet d'aménagement du Grand
Louvre.
Ce documentaire propose la visite de la salle des arts d'Afrique, d'Asie,
d'Océanie et des Amériques lors de son inauguration en avril
2000.
Musée Albert KahnAu début du siècle, Albert Kahn,
riche banquier parisien à la tête de l'une des plus grosses
fortunes d'Europe, entreprit une vaste œuvre de recensement à
l'échelle planétaire des cultures, habitats, rites religieux et
costumes. Situé à Boulogne-Billancourt (92), le musée qui
porte son nom propose une galerie d'expositions présentant des tirages
d'autochromes (premier procédé de photo couleur) et la
consultation de films réalisés de 1909 à 1931 à
travers le monde (Indes, Chine, Japon, Mongolie, etc.) pour les Archives de la
Planète.
Evocation de la vie et de l'œuvre d'Albert Kahn à partir
d'interviews de ses collaborateurs, de vues réelles de sa maison
à Boulogne et de documents
d'archives.
ArchitectureLa PagodeUne pagode rouge en plein cœur de Paris : c'est le siège de
C.T. Loo et compagnie, le plus ancien antiquaire chinois de Paris. Cette
célèbre pagode chinoise de Ching Tsai Loo, située
près du parc Monceau à l'angle de la rue de Courcelles et de la
rue Rembrandt (actuellement place du Pérou), fut construite entre 1926
et 1928 avec la collaboration d'un architecte français, Fernand Bloch,
sur l'emplacement d'un ancien hôtel particulier Louis-Philippe.
Une ballade à travers Paris, à la recherche des
architectures d'inspiration étrangère : une pagode et ses
jardins, la Mosquée...
Nouvelles aventures du célèbre agent du FBI, Lemmy Caution.
Parmi les personnages principaux : M. Lam qui tient le restaurant Le
Président à Belleville et vit dans la
Pagode.
Spectacle vivant
Extrait de la pièce de théâtre
Le voile du bonheur de Georges
Clémenceau, interprétée en 1918 par des artistes
chinois.
Retransmission de la prestation du danseur chinois Li Guo pour la finale
du 2e concours international de danse de
Paris.
Spectacle de danse Butô par la compagnie japonaise d'Ushio
Amagatsu, enregistré au Théâtre de la
Ville.
Quelques extraits du dernier spectacle du Cirque national français
(cirque Gruss), en collaboration avec le Cirque millénaire chinois,
illustrent une interview d'Alexis
Gruss.
Célébrations autour du nouvel an chinoisEn Chine, chaque événement important, religieux ou
naturel, est une invitation à la fête. A l'instar de nombreuses
civilisations, le passage d'une année à une autre
n'échappe pas à la tradition : le nouvel an est l'occasion d'une
longue période de réjouissances pleine de
fastes.
Des images colorées des préparatifs du nouvel an, des
offrandes et danses du cortège, parcourant le 13e arrondissement et
Belleville, sont accompagnées d'un commentaire expliquant les
significations de ce rituel.
Avant le nouvel an chinois, devant le supermarché Tang
situé avenue d'Ivry, la célébration d'un rituel autour
d'un masque de lion.
La génération MaoL'idéologie de la génération Mao est fondée
sur la doctrine développée par Mao Tsé Toung (1893-1976),
qu'il a principalement présentée dans le fameux
Petit livre rouge publié
dans les années 1960. Le maoïsme adapte les principes du
marxisme-léninisme à la Chine populaire et au contexte de la
révolution chinoise. Les partisans sont en effet adeptes de la
révolution permanente pour lutter sans cesse contre la bourgeoisie et le
capitalisme, et pour transformer les mentalités du peuple en
établissant une culture nouvelle et révolutionnaire. Plusieurs
films illustrent les influences de la révolution culturelle chinoise en
France, en particulier dans les milieux étudiants
parisiens.
Dans un appartement parisien, quatre jeunes révolutionnaires ont
constitué une cellule maoïste. Leur temps se passe entre des
débats politiques et la lecture du Petit livre
rouge.
Au milieu des années 1960, l'Ecole normale supérieure de la
rue d'Ulm devient le foyer du maoïsme en France.
Génération,
d'après le livre de Patrick Rotman et Hervé Hamon, évoque
en quinze épisodes la vie et l'évolution politique des
étudiants parisiens d'extrême gauche de cette
période.
Et aussi : la révolte des étudiants en 1989
Le 6 juin 1989, dans un Paris ensoleillé, la
journée d'une jeune femme presque entièrement consacrée
à l'écoute ou à la lecture d'informations sur la
révolte des étudiants de Pékin.
CuriositésEt pour finir, voici quelques films inclassables en relation avec le
thème de l'Asie à Paris.
Un portrait du photographe Henri Cartier-Bresson, qui parle de la
création de l'agence Magnum, de sa conception de la photographie et de
ses voyages en Chine et en Inde.
Marié et bientôt père d'un petit garçon,
Antoine Doinel rencontre une Japonaise avec qui il a une
liaison.
Léa (Isabelle Hô), jeune Eurasienne de vingt-quatre ans, vit
sous la protection d'un quadragénaire qui lui a offert un duplex rue de
Lorraine (19e).
Un reportage sur l'avant-première du film de Bernardo Bertolucci
Le dernier empereur, suivie d'un
souper chinois à l'Hôtel de
Ville.
A La Villette, un groupe de rappeurs chantent pour la libération
du Coréen du sud Kim Song-Man, dans le cadre de la série
Ecrire contre l'oubli produite par
Amnesty International.
Réalisateur Nouvelle Vague sur le retour, pris dans la tourmente
d'un remake des
Vampires de
Feuillade, René Vidal engage une vedette chinoise pour
interpréter le rôle d'Irma Vep. Avec Maggie Cheung, la
célèbre actrice hongkongaise qui remporta notamment un grand
succès public avec In the mood for
love.
Cette enquête revient sur l'affaire Sagawa, étudiant
japonais qui, en 1981, tua, viola, découpa et mangea en partie une jeune
Hollandaise, bénéficiant d'un non-lieu malgré sa
culpabilité et ses aveux.
Sur Internet
février 2004
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