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Wim WendersA travers L'ami américain et Carnets de notes sur vêtements et
villes, tournés en grande partie à Paris, retrouvez deux des thèmes chers au réalisateur des Ailes du désir : la littérature et les milieux urbains.
Ses débuts en AllemagneWim Wenders a vu le jour en 1945 à Düsseldorf. A la fin
des années 1960, le jeune cinéphile suit les cours de
l'école de cinéma de Munich, tout en menant en parrallèle
une activité de critique. Il se passionne également pour la
musique, en particulier le rock. Bien des années plus tard, avec
Buena vista social club (1999),
cette passion lui apportera la célébrité auprès
d'un large public.
Alors qu'il réalise ses premières bandes, Wim Wenders
participe à la création du Filmverlag der Autoren, une structure
qui permet de produire les films de jeunes réalisateurs. Il
créera ensuite, en 1975, sa propre société de
production.
Filmer la littératureSon adaptation d'un ouvrage de Peter Handke (L'angoisse
du gardien de but au moment du pénalty, 1971) marque le
début d'une longue et fructueuse collaboration entre le
réalisateur et l'écrivain, dont Wim Wenders produira le premier
film (La femme gauchère,
1977).
Egalement sur une idée de Peter Handke,
Wim Wenders adapte avec beaucoup de liberté
Les années d'apprentissage de Wilhelm
Meister de Goethe (Faux
mouvement, 1975). Deux ans plus tard, il tourne
L'ami américain (1977), un
film tiré d'un roman policier de Patricia Highsmith. Davantage
"ennemi" qu' "ami", cet
Américain manifeste déjà, en filigrane, l'attirance
ambiguë de Wim Wenders pour les Etats-Unis.
Filmer la villeL'ami américain se
déroule en partie à Paris, une ville dont le réalisateur
maîtrise la langue : Wim Wenders parle le français avec une grande
aisance. Lieu de passage, d'espoir, mais aussi du crime, Paris y apparaît
comme une métropole froide et impersonnelle, composée d'un
dédale de tunnels et d'escaliers roulants.
Paris est aussi la ville où s'est installé le couturier
Yohji Yamamoto, créateur des costumes éblouissants de
Dolls (2002) de Takeshi Kitano. Wim
Wenders filme son parcours et son univers dans
Carnets de notes sur vêtements et
villes (1989). Réflexion sur la création et
autoportrait du cinéaste, ce film propose également le regard de
deux étrangers sur la capitale, que Yamamoto résume ainsi :
"Si j'aime Paris... Comment dire, c'est à cause de ce
côté un peu chaotique, les gens se fichent de tout, j'aime ce
genre de ville. Surtout j'aime l'air d'ici, il est toujours frais, dur. [...]
J'aime me promener dans cet air."
Pour Wim Wenders, Paris est également un clin d'oeil.
Dans Paris, Texas (1984), la ville
devient le fantôme d'elle-même : la capitale est un ailleurs, dont
il ne reste plus que la puissance du nom, prononcé par des personnages
déracinés.
Ces trois films évoquant Paris
reflètent l'intérêt du cinéaste pour les villes,
intérêt qu'il manifeste depuis son premier court métrage
(Summer in the city, 1970).
Certains titres de ses films parlent d'ailleurs d'eux-mêmes, d'Alice dans les villes (1973) à
Lisbonne story (1995), sans oublier
Les ailes du désir, qui a
pour titre original Der Himmel über
Berlin (1987, Prix de la mise en scène à
Cannes).
Filmographie sélectiveWim Wenders
Yohji Yamamoto
Bibliographie
En échoParcours thématiquesjanvier 2004
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