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Jean-Daniel PolletFrère cadet de la Nouvelle Vague et documentariste inventif, Jean-Daniel Pollet (1936-2004) jouait de son talent sur les registres les plus divers. Un de ses chemins est passé par Paris et par la découverte de Claude Melki, avec qui il construit, en cinq films et presque vingt ans, un personnage burlesque et attachant.
Poésie du réelTravaillant le montage passionnément dans Méditerranée, documentaire-voyage accompagné d'un texte de Philippe Sollers, ou livrant, dans L'ordre, le témoignage bouleversant de la vie d'enfermement d'un lépreux grec, le cinéaste manie des plans-séquences parfois très construits dans ses fictions ou recherche les images "simples", centrées sur un seul objet, dans Dieu-sait quoi, le film-poème qu'il réalise autour du Parti pris des choses de Francis Ponge.
A Paris, en 1957, il tourne son premier court métrage, Pourvu qu'on ait l'ivresse, chronique sans paroles de la soirée d'un garçon timide dans un bal populaire, avec dans le rôle principal Claude Melki, repéré lors des premiers jours de tournage. Pourvu qu'on ait l'ivresse est primé au festival de Venise et apprécié par les rédacteurs des Cahiers du cinéma. A tel point que, quelques années plus tard, Pollet signera l'un des sketchs de Paris vu par..., aux côtés des ténors de la Nouvelle Vague. Cette fois le film, Rue Saint-Denis, est dialogué et Melki y joue Léon, le client timoré d'une prostituée, dans un décor aux couleurs fortes. Puis c'est, en 1968, une comédie grinçante, L'amour c'est gai, l'amour c'est triste dans le huis-clos de l'atelier de Léon devenu petit tailleur parisien. S'appuyant sur le visage de clown triste de son interprète favori, le cinéaste le regarde affronter maladroitement le désir et l'amour.
Bals et danses de salonEn filigrane, tout au long des années 1960, l'intérêt pour le bal est resté. Pollet revient au dancing pour Gala, avec Melki toujours, mais cette fois dans un format scope impeccable. Il signe de courts sujets pour le magazine de télévision Dim Dam Dom, filmant des mariages populaires dans une auberge de banlieue (Les mariés de Robinson) et des leçons de danses de salon (Chez Georges et Rosy). En 1976 L'acrobate, s'appuyant sur cette familiarité, met en scène la métamorphose de Léon, cette fois garçon de bain amoureux devenu champion de tango. Ce film émouvant et grave, autant que drôle, à la fois fiction et quasi-documentaire, clôt avec brio la rencontre du metteur en scène et de l'acteur, épilogue touchant de l'un des versants parisiens d'une recherche obstinée et solitaire, posant son beau regard aigu sur les êtres et les choses.
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décembre 2004
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