L'exhibition de Noirs au jardin d'acclimatation

Photogramme d'une vue Lumière
Baignade de Nègres (Village noir au jardin d'acclimatation de Paris)
© Association frères Lumière
Inauguré le 6 octobre 1860 par Napoléon III et l'Impératrice Eugénie, le jardin d'acclimatation de Paris s'appelait d'abord "jardin zoologique d'acclimatation". Il devait "acclimater, multiplier et répandre dans le public toutes les espèces animales et végétales qui pourraient être introduite [sic] en France et paraîtraient dignes d'intérêt par leur utilité ou par leur agrément." (La production cinématographique des frères Lumière, sous la direction de Michelle Aubert, Jean-Claude Seguin, Editions Mémoires du cinéma, 1996)
Dès 1877, le jardin zoologique d'acclimatation se convertit à "l'acclimatation anthropologique". En pleine conquête coloniale, la curiosité des Parisiens est attirée par les coutumes et le mode de vie des peuples étrangers. Nubiens, Boschimans, Dahoméens, Cinghalais, Somaliens, Zoulous et bien d'autres encore sont ainsi exhibés, notamment jusqu'à la fin du siècle. Avec l'ampleur des Expositions universelles, vouées à glorifier les richesses coloniales, les activités du jardin d'acclimatation vont naturellement péricliter. Elles disparaîtront avec l'Exposition coloniale de 1931, qui marque l'aboutissement et la fin de ces exhibitions.
Parmi les autres films tournés en partie dans le jardin d'acclimatation, citons en particulier la seconde œuvre de Gérard Blain, Le pélican, et le célèbre Conte d'hiver d'Eric Rohmer.