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Benoît Jacquot
Auteur d'une oeuvre prolifique et variée, Benoît Jacquot manifeste un intérêt tout particulier pour les adaptations littéraires et les portraits de femmes.
"Je fais des films pour me cacher. Je ne fais pas mes films pour en parler après."
Un cinéma d'auteur
Benoît Jacquot fait partie de cette génération de cinéastes qui, comme André Téchiné, Philippe Garrel, Jacques Doillon et Chantal Akerman, ont émergé dans les années soixante-dix pour former ce que l'on a appelé la "nouvelle Nouvelle Vague". Ancien assistant de Marguerite Duras et Jacques Rivette, réalisateur de documentaires de télévision (Jacques Lacan, 1974), Benoît Jacquot tourne son premier long métrage en 1974, L'assassin musicien. Adaptation d'une nouvelle de Dostoïevski, le film est un hommage au cinéma de Robert Bresson. Refus de soi-même et des autres, personnages distanciés et froids, Benoît Jacquot se lance dans un cinéma d'auteur exigeant et difficile. Voie confirmée avec son film suivant, Les enfants du placard (1977), où Brigitte Fossey et Lou Castel, frère et sœur, vivent un amour ambigu.
Adaptations littéraires
Les années quatre-vingt sont celles des adaptations littéraires : Les ailes de la colombe (d'après Henry James, 1980), Corps et biens (d'après James Gunn, 1986), Les mendiants (d'après Louis-René des Forêts, 1986)… Pour la télévision, Benoît Jacquot réalise deux formidables documentaires : Elvire Jouvet 40 (1986) et La scène Jouvet (1987), deux réussites majeures qui confirment le goût de Jacquot pour le théâtre et son talent pour le filmer.
Portraits de femmes
En 1990, La désenchantée révèle une jeune actrice, Judith Godrèche. C'est le premier d'une série de films consacrés à de beaux portraits de femmes et d'un cinéma moins confidentiel : La fille seule en 1995 (avec Virginie Ledoyen), Le septième ciel en 1997 (avec Sandrine Kiberlain), L'école de la chair en 1998 (avec Isabelle Huppert). Des films d'une maîtrise totale, peintures psychologiques fines et précises. "Etre du côté de l'actrice : c'est ce qui m'intéresse le plus."
Et aussi...
Le cinéaste tourne de plus en plus, alternant les gros budgets avec des films plus intimistes dans une boulimie de cinéma qui lui fait toucher à tous les genres : films en costumes (Sade, 2000 ; Marianne, 1994), films d'opéra (La tosca, 2001), films de théâtre (La fausse suivante, 1999). De cette carrière prolifique et variée émerge en 1999 une réussite étonnante : Pas de scandale.
En écho
Parcours thématiques
novembre 2001, mise à jour août 2004
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