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Philippe Clévenot
Retour sur le parcours théâtral et cinématographique de Philippe Clévenot (1942-2001), acteur à la présence mystérieuse, fragile et habitée.
Au théâtre
Philippe Clévenot rejoint dès le début des années soixante-dix Jean-Pierre Vincent à Strasbourg, d'abord au Théâtre de l'espérance, puis au Théâtre national de Strasbourg (T.N.S.), où il fait partie du collectif chargé de l'élaboration des spectacles.
Commence alors une riche carrière théâtrale où il interprète les plus grands (Brecht, Beckett, Molière, Kleist…) sous la direction de Bernard Sobel, Patrice Chéreau, Matthias Langhoff entre autres.
En 1986, Brigitte Jacques conçoit pour le T.N.S. un spectacle, Elvire Jouvet 40, autour des sept leçons données par Louis Jouvet à une jeune comédienne, Claudia, en 1940, sur l'Elvire du Dom Juan de Molière. Aux côtés de Maria de Medeiros, qui interprète l'élève, Philippe Clévenot s'est emparé comme d'un véritable personnage de théâtre de ce rôle, sachant éviter d'entrer dans la peau du maître. Le cinéaste Benoît Jacquot a fait un film de ce spectacle, document magnifique qui restitue avec force le travail de collaboration du metteur en scène et de l'acteur.
Au cinéma
Philippe Clévenot fit aussi quelques apparitions au cinéma, le plus souvent dans des rôles secondaires mais toujours saisissants. On peut ainsi le croiser dès les années 1970 dans Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette et dans plusieurs films de René Féret, dont le très beau Mystère Alexina.
Citons également Le mari de la coiffeuse de Patrice Leconte ou encore Le coup suprême de Jean-Pierre Sentier, où il interprète un aventurier du billard, pour une fois tête d'affiche dans ce film insolite et cocasse proche de l'univers de Méliès. Il fit aussi partie de la distribution de Camille Claudel de Bruno Nuytten. L'un de ses derniers films au cinéma fut Disparus (1998), premier long métrage historique et politique d'un jeune réalisateur, Gilles Bourdos.
octobre 2001
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